Archives mensuelles : mai 2015

Maserati, Kia ou vélo ?

L’importance des grands objectifs de vie en fonction de notre groupe « social »…

Bonus : Truc # 2 de Warren Buffett

Nos actions sont dirigées par nos objectifs, consciemment ou non. Il est donc important d’avoir des objectifs bien réfléchis pour être satisfait dans la vie. Pas d’objectifs conduit à vivre au hasard, au gré des circonstances, des autres et du destin…

Vous voulez beaucoup d’enfants ? Très bien ! Il faut alors des compétences précises et trouver l’être chère pour partager ce grand objectif. Vos choix seront alors déterminés par ce grand objectif. Choix entre une Maserati et vivre dans un studio ou une fourgonnette et un logement plus grand, probablement une maison en banlieue.

Nos valeurs et notre conception de la vie déterminent également nos choix. Un peu comme Karl Marx — bourgeois et prolétaires — et quelques sociologues, j’ai classé les gens dans quatre groupes sociaux basés sur les revenus et les habitudes de consommation et d’épargne :

1. Les Cigaliens
Vivre avec 18 000 $ par année, il n’y a rien là ? Alors vous êtes dans ce groupe ! Le taux d’épargne de ce groupe est nul (0%), faible (1 à 5%) ou négatif (dettes). La vie en vélo avec beaucoup de loisirs, souvent. Parfois, c’est moins beau, puisque si ce n’est pas par choix, c’est plus difficile d’avoir peu de moyens pour les besoins essentiels. Le nom de ce groupe n’est pas satisfaisant, je vais en chercher un autre. Je n’ai rien meilleur pour l’instant. La devise des Cigaliens : « il n’y a pas que l’argent dans la vie ».

2. Les Lioniens
Rouler en Maserati et vous endetter au maximum, c’est ce que vous faites ? Vous êtes un Lionien, vous profitez au maximum de ce que la vie peut vous offrir, comme le roi lion qui va être l’heureux partenaire de toutes les femelles de son territoire parce qu’il est le plus fort… Le but des membres de ce groupe est d’en profiter autant que possible, quitte à avoir un taux d’épargne négatif en permanence… Il faut être énergique pour être un Lionien ! Je vais peut-être changer de groupe, finalement… La devise des Lioniens : « Flamber, c’est la vie ».

3. Les Fourmiens
La classe moyenne… quoi ajouter ? La peur des membres de ce groupe est de se retrouver dans le premier groupe des Cigaliens, qui peuvent pourtant très bien vivres. La devise des Fourmiens est : « métro, boulot, dodo ». J’espère que vous n’êtes pas dans ce groupe… Mais non, c’est une blague ! C’est le choix de la grande majorité des Québécois.

4. Les Baconiens
Ceux qui comprennent l’importance d’épargner beaucoup et tôt. Ils vivent souvent dans des villas luxueuses et voyagent beaucoup à partir de 40 ans… Plus important, ils sont libérés des soucis financiers tôt dans la vie. Ce qui n’est souvent pas le cas pour les trois groupes précédents. La devise des Baconiens : « J’épargne au moins 10% en premier, je dépense ensuite ce qui me reste ».

Les Cigaliens et Lioniens sont les bons vivants, souvent ! Les Fourmiens et Baconiens travaillent et s’amusent ensuite ou jamais… J’exagère un peu, ne vous fâchez pas !

Dans quel groupe suis-je ? « Ben voyons ! » C’est évident. Ce n’est pas toujour facile mais j’y arrive. Ma famille et ma santé sont prioritaires. Je veux également profiter pleinement de mes loisirs, le tennis et les échecs. Je veux voyager et apprendre continuellement. Atteindre rapidement l’IF est un autre objectif important pour moi. Mes actions sont centrées sur ces objectifs. J’ai toutefois tendance à envier les Cigaliens et les Lioniens…

Le système (aurais-je lu trop de livres comme 1984 et Fahrenheit 451 ? non, je ne suis pas anarchiste…) nous pousse surtout à être dans le groupe des Fourmiens et dans celui des Lioniens, parce que ce sont de grands consommateurs. Attention, y serez-vous confortable ! Ces groupes, Fourmiens et Lioniens,  nécessitent quand même des compétences particulières, tout comme les deux autres… Il y a de plus en plus de Fourmiens et Lioniens, il y a de la compétition dans ces groupes.

Et vous, quel est votre groupe ? Dans lequel aspirez-vous être ? Agissez-vous en conséquence en ayant des objectifs, un plan et un échéancier pour les réaliser ?

Truc # 2 de WB

Âmes sensibles s’abstenir… À moins que vous ayez plus de 65 ans, il est préférable d’avoir moins de 20 % en revenus fixes (obligations et autres investissements semblables) pour atteindre l’IF… Attention par contre, il y a des risques ! Il faut bien sélectionner les titres du portefeuille selon plusieurs critères (voir le truc # 1 et les prochains sur ce blogue). Par ailleurs, le contexte actuel de faibles taux d’intérêts se prête bien à cette stratégie. Nous n’avons pas vraiment le choix à court terme, d’ici 2017. C’est encore mieux à long terme, plus de 5 ans, pour permettre au temps et au rendement de faire son oeuvre.

À long terme, il faut avoir une proportion importante du portefeuille de placements dans les actions, avec une bonne diversification à la Markowitz, le fondateur de la théorie moderne du portefeuille, pour espérer avoir des rendements suffisants. C’est la recette des meilleurs investisseurs.

C’est définitivement un bon truc ! Sacré Warren.

Avez-vous un truc à la WB ? Partagez si vous aimez !
Gilles du Bacon

PS : le masculin est utilisé pour simplifier le texte, seulement !

Source pour Markowitz : http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_moderne_du_portefeuille

Combien faut-il accumuler d’argent ?

Bonus : truc # 1 de Warren Buffett !

Comment évaluer nos progrès financiers et combien avons-nous besoin pour être financièrement autonome ?

Nous devons mesurer nos progrès vers l’indépendance financière (IF) afin de confirmer nos choix et nous ajuster en cas d’échec. Plusieurs indicateurs sont disponibles : grandeur de notre maison (je blague un peu mais c’est un indicateur, son impact est toutefois ambigu car il entraîne des dépenses qui nuisent à notre IF), marque de notre voiture (je vous fait encore marcher , ha oui ? ha non… je ne sais plus pour celui là, verdict : ambigu également), nombre de maîtresses ou amants (j’exagère… mais également ambigu, décidément). Plus sérieusement : revenus annuels, actifs nets, nombre de fois les dépenses annuelles accumulées, revenus autonomes annuels, nombre de voyages par année, etc.

Tous ces indicateurs sont importants mais pas pour l’IF. Les meilleurs indicateurs sont les actifs nets, le nombre de fois les dépenses annuelles accumulées et les revenus autonomes annuels.
Je vais droit au but : 25 fois le montant de vos dépenses annuelles est l’objectif à atteindre pour vivre de ses placements pour toujours… à condition de gérer un peu votre argent ! Si vos dépenses annuelles sont de 20 000$, vous avez besoin de 25 X 20 000$ = 500 000 $. Je ne démontre pas ce résultat maintenant par soucis de simplicité mais sachez qu’il est solide et basé sur des simulations à partir d’un portefeuille bien diversifié avec un rendement de 6 % net des frais et des impôts. Vous voulez être plus prudent ? Parfait, il faut alors accumuler 30 fois vos dépenses annuelles. Ceci est plus approprié si vous êtes jeune ou si vous avez de mauvais rendements les premières années de votre période d’IF. Pour cette situation où votre pécule traverserait une crise imprévue, vous pourriez aussi vous ajuster en réduisant vos dépenses ou en recommençant à travailler… Il faut aussi prendre en compte notre âge… À 87 ans, il est peu probable de vivre encore 25 ans !

Je vous recommande quand même de noter la valeur de vos actifs nets (actifs moins les dettes et obligations de location) mensuellement pour évaluer vos progrès. Connaître le montant des revenus autonomes mensuels et annuels est également une autre mesure pertinente car celle-ci permet de vérifier directement si nous gagnons suffisamment pour payer les dépenses mensuelles ou annuelles. Nous pouvons également faire le lien directement avec la rente de notre caisse de retraite, si nous en avons une. Il suffit d’additionner le tout pour avoir nos revenus autonomes totaux. De plus, il suffit de multiplier par 25 pour avoir la valeur approximative de notre rente annuelle !

Revenons au 6 % de rendement annuel net des frais de gestion et des impôts… C’est la base de tout avec le temps qu’il nous reste à épargner et à vivre. Il faut bien sélectionner nos placements pour obtenir ce rendement de plus de 10 % un peu comme le fait Warren Buffett (WB). Comme aux échecs, l’étude des décisions des meilleurs nous permet de progresser. Pour gagner au jeu d’échecs, je regarde les parties de Bobby Fischer, Garry Kasparov et autres champions, et j’essaie de faire aussi bien dans mes propres parties. C’est la même approche pour les décisions de placement, il faut imiter les meilleurs. J’ai donc analysé, pour vous, mais surtout pour moi (!), les critères de sélection de M. Buffett pour faire comme lui : avoir un rendement au top avec un risque raisonnable !

Truc # 1 de Warren Buffett :

Avez-vous remboursé vos dettes ? C’est la première étape vers l’IF… Il faut vous y attaquer en priorité. En effet, l’effet de levier (emprunter pour investir) n’est pas préconisé par WB. Cette étape de retour à la pureté financière sera pour vous un test de persévérance. Vous allez également développer de nouvelles compétences en gestion de vos finances personnelles. Je ne veux pas me répéter mais remboursez vos dettes rapidement !

Les sociétés dans lesquelles WB investit ont peu de dettes (Rapport annuel 2014 de Berkshire Hathaway, page 23). C’est notre premier critère de sélection, et non le moindre ! Les entreprises endettées jouent avec le feu ! Nous voulons des rendements solides, uniquement. L’endettement est un instrument qui augmente les risques (volatilité : risque de marché ; possibilité de défaut : risque de crédit) et qui engendre des frais de crédit. Nous pouvons donc réduire nos risques grâce à ce critère, simplement. Plusieurs ratios financiers permettent de mesurer l’endettement, le plus simple est le ratio des dettes à long terme sur la valeur au livre de l’entreprise (ou endettement sur fonds propres ou une variante de ce ratio). Ce ratio ne devrait pas dépasser 25 % ou vous permettre de classer les titres selon ce critère. Des milliers d’entreprises sont ainsi automatiquement éliminées de notre panier de titres à choisir pour atteindre l’IF.

Mes prochains billets présenteront d’autres critères utilisées par WB. En attendant, je vous conseille d’être très prudent dans vos investissements, comme toujours. Il faut bien s’informer avant de prendre vos décisions. Une bonne diversification des placements est également essentielle à notre réussite. La diversification consiste, par exemple, à investir moins de 5 % de ses avoirs dans le titre d’une entreprise et posséder un pourcentage de chacune des trois grandes classes d’actifs : 1) actions ordinaires, 2) obligations et titres à revenus fixes et 3) liquidités.

Avez-vous des questions ? Partagez vos nouvelles connaissances pour un Québec prospère et non austère !
À bientôt !

Gilles du Bacon